L’Onomastique: un sujet digne de ce nom

Karen Pennesi est professeure à l’Université Western. Elle étudie comment les noms des gens sont façonnés, perçus, et souvent jugés par une évaluation personnelle, les valeurs familiales et les mœurs sociétales. Vous pouvez retrouver son projet ici, et sur Facebook.

Les noms des gens me fascinent. L’une des choses que je préfère avec ma famille, c’est notre réaction quand on apprend le nom d’une personne. Nous avons une vieille tradition pour nos sorties au restaurant. L’un de nous quatre, parmi ma mère, mon père, ma sœur et moi, regarde l’addition et trouve en général, en haut, le prénom du serveur ou de la serveuse. Les trois autres essayent alors de deviner le prénom ; nous avons le droit de poser des questions et l’une d’entre elles est presque toujours : « est-ce que le prénom lui va ? » Chose étonnante, au moins dans notre famille, on semble tous avoir à peu près la même compréhension de ce qu’est un prénom approprié pour une personne rencontrée, au plus, 2 heures plus tôt. De plus, une fois qu’on a deviné le prénom, on a tous immédiatement une réaction forte quant à savoir si le nom lui « convient ». Mais comment formons-nous ces notions de quel prénom est plus convenable pour qui ?

Il s’agit là seulement d’une seule parmi des milliers de choses que je trouve tellement intéressantes en onomastique. La professeure Pennesi a tellement de choses à raconter et tellement de réponses à des questions que j’ai depuis des années ; alors, commençons !

[Les noms de famille les plus communs aux pays européens]

[Les noms de famille les plus communs aux pays européens]

Michael Iannozzi : Pour commencer: qu’est-ce que l’onomastique ?

Karen Pennesi : L’onomastique est l’étude de l’histoire, de la structure, de la signification et de l’usage des noms. C’est un domaine très large qui peut inclure les noms de lieux, de personnes, de marques et pleins d’autres types de noms. Ma recherche porte sur les noms des gens, qu’on appelle parfois les « anthroponymes ».

MI : Qu’est-ce qui vous a amenée à commencer à étudier des noms des gens ?

KP : Je crois que les noms sont en soi intéressants pour tout le monde puisque tout le monde a un nom et certaines personnes en ont même plusieurs au cours de leur vie. Je réfléchissais à un sujet de recherche qui serait assez large pour maintenir mon intérêt et ma productivité pour les quelques années à venir et que je pourrais étudier localement, c’est-à-dire sans avoir à voyager à l’étranger comme pour ma recherche précédente au Brésil. Les noms se trouvent partout alors ça rend la tâche plus facile.

Les noms sont un excellent exemple du point de convergence entre la langue et l’identité. Les gens voient souvent les noms comme un genre d’étiquette pour identifier ou se référer aux individus, mais les noms sont aussi des mots. Ils doivent convenir au système phonétique d’une langue et ils ont une structure qui est déterminée par une convention sociale ou culturelle. Par exemple, une personne possédant un nom indonésien ou mohawk peut avoir un nom avec un seul composant et non pas avec un prénom et un nom de famille comme nous le faisons en anglais canadien. À l’opposé, une personne peut avoir un nom espagnol ou portugais avec quatre ou cinq composants s’ils ont un prénom en deux parties et s’ils gardent le nom de famille des deux parents [par exemple, Salvador Dali venait de Catalogne et son nom entier était : Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech].

Je m’intéresse depuis longtemps aux manières dont les gens essayent de s’insérer dans de nouvelles cultures. Lorsque j’enseignais l’anglais en Corée, j’avais remarqué que beaucoup de Coréens adoptaient des noms anglais dans leurs cours d’anglais et qu’ils continuaient ensuite à les utiliser quand ils voyageaient à l’étranger. Quand j’enseignais à des étudiants internationaux aux États-Unis et au Canada, nombre d’entre eux avaient des noms anglais mais beaucoup continuaient aussi à utiliser leur nom d’origine. J’ai commencé à m’intéresser à savoir pourquoi les Coréens prennent souvent des noms anglais alors que les Japonais ou les Iraniens ne le font pas. Ou pourquoi les étrangers anglophones en Corée ne prennent habituellement pas des noms coréens pendant qu’ils travaillent là-bas. Pour les nouveaux venus au Canada, cette décision, consistant à garder ou à changer leur nom, peut être importante. Je connais personnellement quelques cas où les personnes avaient des difficultés avec leur nom, au Canada, ce qui les a menés à différents niveaux de stress, de mécontentement, d’inconvénient et même de discrimination ou de rejet.

Dans ma recherche je voudrais explorer cette relation entre l’identité et les noms : quels genres de noms sont problématiques dans un contexte donné ? Pourquoi ? Quels genres de problèmes résultent d’une diversité de noms inconnus ou peu conventionnels ? Comment est-ce que différents groupes de gens répondent à ces problèmes ? Qu’est-ce qu’on peut faire pour réduire certains de ces problèmes ?

MI : Qu’avez-vous trouvé en ce qui concerne la façon dont les gens perçoivent leur propre nom ? Comment cette perception personnelle affecte leur identité ?

KP : Les gens semblent avoir différentes attitudes envers leur nom à différents moments dans leur vie. Par exemple, un enfant peut ne pas aimer son nom si on l’embête avec ça, mais à l’âge adulte, il n’existe plus de moquerie et cette personne commence à l’apprécier plus. Ou bien une personne peut avoir une attitude indifférente envers son nom avant d’immigrer vers un nouveau pays et alors, tout à coup, son nom si ordinaire devient imprononçable et étrange, et va la caractériser comme différente. Ensuite il se peut que cette personne commence à ne plus aimer son nom ou bien sente que c’est un fardeau ou une entrave. D’autres personnes dans la même situation peuvent se sentir heureux d’être uniques. Plus tard dans leur vie, lorsque la personne prend confiance en elle un peu plus et qu’elle prend connaissance des inégalités sociales, il est possible qu’elle soit fière de son nom et le voit comme un signe de son héritage.

Certaines personnes sentent que leur nom représente l’essence de leur être si bien qu’il leur serait impossible de concevoir de le changer, qu’il s’agisse de garder leur nom de famille après s’être marié ou de garder leur prénom après avoir immigré. Même s’ils n’aiment pas leur prénom ou qu’ils voient que c’est problématique, ils ne peuvent tout simplement pas changer leur identité par le simple fait de changer leur nom. L’un de mes étudiants gradués est en train de mener des recherches sur les changements de nom chez les transgenres et elle a trouvé que choisir un nouveau nom pour correspondre à la présentation d’un nouveau sexe est un moment crucial de la transition. Les personnes transgenres cherchent un nom qui « va » avec leur image de soi et lorsqu’ils le trouvent, elles ressentent un soulagement et de la satisfaction d’avoir convenablement résolu leur vrai moi. Dans ces cas-là, choisir un nom est manifestement un acte de construction identitaire.

MI : Que pouvez-vous nous dire sur la façon dont les gens perçoivent le nom des autres?

KP : Des recherches ont déjà montré que si le nom d’une personne est perçu comme « étranger », cela réduit les chances de la personne de se faire embaucher pour un boulot. Cela arrive au Canada, aux États-Unis, en Europe etc. Ce qui est considéré comme « étranger » variera évidemment mais l’effet est le même. Une forme similaire de discrimination se produit dans l’accès à un logement où certains types de noms sont interprétés comme représentant une ethnicité, religion, nationalité ou culture indésirables : les candidats sont alors refusés.

MI : Est-ce que ces perceptions, voire ces préjudices, s’étendent aux noms considérés comme « non-étrangers » ?

KP : Des résultats montrent que des noms particuliers en viennent à être associés à certaines caractéristiques ou certaines catégories sociales. Par exemple, les gens supposent qu’un homme prénommé Josh sera « probablement bon en sport et [que ça doit être] cool d’être son ami, tandis qu’un homme prénommé Bryce sera « probablement un snob pourri gâté ». Une Dolores sera « probablement une dame âgée ou une immigrée » tandis qu’une Jennifer pourrait presque avoir n’importe quel âge et appartenir à n’importe quelle classe sociale. Les gens s’attendent à ce que Lebron soit noir et que Brittany soit blanche. Ce ne sont que des exemples mais, bien sûr, ces associations se basent sur une combinaison de stéréotypes, d’expériences personnelles et de tendances sociales. Ce que je veux dire, c’est que les gens émettent des hypothèses et des jugements sur les gens en se basant sur une perception subjective des noms.

MI : Votre recherche se concentre sur les noms des immigrants au Canada. Comment sont-ils perçus par les Canadiens ? Est-ce que le fait qu’un nom « sonne étranger » se base sur un schéma ou sur des sons particuliers ?

KP : Le degré de familiarité est le facteur déterminant. Les noms italiens ont pu être considérés étrangers ou difficiles à prononcer pour les Canadiens il y a 70 ans mais maintenant ils leur sont plus familiers et les gens n’hésiteront pas à essayer de les prononcer. C’est une question qui dépend vraiment de la personne à qui vous posez la question. Ma recherche a montré que ce qui compte comme un nom « difficile » ou « facile » dépend de l’expérience personnelle (connaissez-vous beaucoup de gens portant ce type de noms ?), de l’aptitude linguistique générale (êtes-vous doué pour apprendre des langues et pour prononcer des sons qui ne vous sont pas familiers ?) ainsi que de l’attitude générale envers différentes sortes de gens (si vous avez une attitude négative envers la diversité, vous rejetterez probablement les noms « étrangers » parce qu’ils sont trop difficiles pour même essayer.)

MI : Qu’est-ce qui fait que les gens créent des associations pour certains noms?

KP : Cela a à voir avec la race, l’ethnicité, la classe sociale et l’âge. Les parents choisissent des noms qui correspondent à leur groupe social. Il y a eu une étude de faite qui a montré comment les prénoms féminins de la haute société en viennent à perdre de leur statut raffiné au fur et à mesure que plus de filles de la classe moyenne reçoivent ce nom de parents aspirants à une ascension sociale. La même chose se produit avec les parents des classes populaires si bien que, finalement, des prénoms comme Ashley et Brittany, qu’on trouvait auparavant seulement chez les filles blanches de la haute-société se retrouvent maintenant parmi les prénoms les plus populaires chez les filles de classes populaires, aux États-Unis. En même temps, il y aura toujours une nouvelle liste de prénoms féminins pour la haute-bourgeoisie pour remplacer ceux qui ont été récupérés par les classes populaires et ce, afin de maintenir la distinction. Les associations particulières dépendent aussi de la manière dont vous venez à connaître le nom, des gens mêmes que vous avez rencontrés et qui portent ce nom et aussi de comment vous les avez perçus. J’ai une amie qui pensait que le prénom Angus était chinois parce que le seul garçon portant ce prénom qu’elle avait jamais connu était chinois.

MI : À chaque fois qu’on me demande mon nom de famille, par exemple pour faire une réservation dans un restaurant, je me mets instinctivement à l’épeler. Est-ce là une habitude commune ? Qu’est-ce que cela montre de l’acceptation de la part de la société des noms propres peu communs.

KP : J’ai déjà entendu parler de cette stratégie par le passé, en particulier au téléphone ou en parlant à du personnel de service qui ne vous connaît pas et avec qui vous n’aurez d’ailleurs pas d’autre interaction. Je crois que cela vient d’un désir d’éviter les erreurs mais cela réduit aussi la possibilité d’embarras pour vous ou pour l’agent de service. C’est une attitude de reconnaissance qu’il existe une grande diversité de noms qui peuvent être difficiles et aussi qu’il n’y a aucune attente à ce que quelqu’un devrait savoir comment épeler ou prononcer un nom. Cela révèle votre propre supposition que l’autre personne aura du mal si vous ne l’épelez pas. Certaines personnes peuvent trouver cela inutile s’ils considèrent leur nom « facile ».

MI : En parlant d’ajustement à certains groupes sociaux, comment les célébrités façonnent-elles la perception des gens qui portent le même prénom, et la popularité générale du nom ?

KP : Des études statistiques ont montré que les personnages populaires de films ou de série télé, ou même les hommes et femmes politiques, provoquent une augmentation du nombre de bébés portant ces prénoms dans les années suivant le pic de popularité de la personne célèbre. Ça peut aussi marcher en sens inverse pour les noms qui se retrouvent associés à des gens qui sont connus pour des raisons négatives ; par exemple, il y a eu une décroissance du nombre de garçons s’appelant Adolf ou Oussama.

MI : Comment les conventions pour prénommer les bébés ont-elles changé dans notre société et qu’est-ce que ces changements disent de nous ?

KP : Les conventions pour le choix des noms sont le reflet de changements sociaux et de l’organisation de la société. Au Canada, tous les bébés doivent recevoir au moins deux noms : le prénom et le nom de famille. Cela a en partie à voir avec le besoin du gouvernement de pouvoir identifier les individus pour les activités telles que les impôts, l’éducation, le vote, etc. C’était autrefois la convention que le bébé prenne le patronyme du père à moins que celui-ci ne soit pas identifié. Maintenant, avec le divorce et les remariages conduisant à des familles recomposées, les noms de famille à trait d’union ou à double nom deviennent de plus en plus commun. Ces derniers sont aussi communs dans des situations où les femmes mariées gardent leur nom de jeune fille tout au long de leur vie au lieu de changer et d’adopter le nom de leur mari. Les pratiques actuelles pour prénommer les enfants montrent ces changements sociaux concernant la position des femmes dans la société et comment cela a touché le mariage et la constitution des familles. Cela signifie aussi qu’il est plus difficile de faire des suppositions sur les gens en se basant seulement sur leur nom : un enfant peut avoir un patronyme différent de celui de sa mère et vous ne saurez pas si c’est parce que sa mère ne s’est jamais mariée mais a donné le nom de famille du père ; si la mère s’est remariée et a rechangé son propre nom de famille ; ou si la mère n’a jamais changé de nom, l’enfant étant adopté ; ou si la mère est en fait la belle-mère de l’enfant. Un(e) enseignant(e) qui connait seulement le patronyme d’un enfant ne peut pas supposer qu’il/elle doit appeler la mère « Madame Nom de famille de l’enfant ». Tout cela n’aurait pas été un problème il y a 50 ans au Canada lorsqu’il était plutôt certain de supposer que les enfants et les parents partageaient tous un patronyme commun.

MI : Chaque année sort une liste des prénoms de bébé les plus populaires à la fois pour les filles et les garçons. Qu’est-ce que cette liste nous montre des parents et de notre société ?

KP : Ça montre que ça intéresse les gens de savoir comment les autres prénomment leur bébé. Ça montre aussi que les parents finissent par faire des choix similaires dans des contextes sociaux similaires sans même en être conscients : (« J’ai choisi Olivia parce que j’aime le son [o]. Je ne savais pas que 2 0000 autres bébés canadiens allaient aussi se prénommer Olivia cette année-là ! »)

MI : Depuis que vous avez commencé votre recherche, est-ce que parfois vous analysez plus ou moins le nom des gens ?

KP : Oui, je suis plus consciente des commentaires que font les gens sur les noms, que ce soit positif ou négatif. Je m’efforce de ne pas commenter les noms des gens à moins que je ne sois en train de parler de la recherche. La plupart des gens à qui j’ai parlé ne veulent pas que leur nom soit évalué ou commenté (« tiens, c’est différent », « comment l’épelez-vous ? », « c’est joli comme prénom »). Ils veulent juste vous dire leur nom et continuer la conversation. Si vous faites une blague ou un commentaire, les chances sont qu’ils ont déjà tout entendu et ça peut devenir fatigant. Je fais de mon mieux pour prononcer et épeler les noms des gens comme ils le préfèrent mais je n’en fais pas toute une histoire et je n’attire pas trop l’attention là-dessus.

MI : Qu’est-ce que vous aimeriez faire ensuite pour votre recherche en onomastique ?

KP : L’usage social des noms m’intéresse toujours tout comme les contraintes pour le choix des noms auxquelles des groupes particuliers font face tels que les immigrants et les gens des Premières Nations. Leurs pratiques pour nommer les gens et leurs systèmes d’écriture ne se conforment pas aux requis institutionnels. Je souhaite explorer ces questions des deux côtés pour voir comment les institutions s’occupent de ces défis que constitue la diversité des noms au Canada aussi bien que comment les individus « vivent leur nom » de manières différentes et avec des conséquences différentes.

[Les conventions des noms en Europe, en Afrique du Nord, et en Asie]

[Les conventions des noms en Europe, en Afrique du Nord, et en Asie]

Un sincère merci à la professeure Karen Pennesi.

Il me semble que les noms sont souvent pris pour acquis. Nous les considérons souvent comme un simple moyen de designer une personne, de la même manière que le mot ‘basilic’ désigne une herbe, herbe que j’aime justement énormément. Comme la Professeure Pennesi l’a indiqué, le nom d’une personne peut façonner ses expériences à la fois dans la façon dont elle se voit elle-même et dans la façon dont les autres interagissent avec elle.

A tantôt,

Michael Iannozzi

Floriane Letourneux, je te remercie beaucoup pour ton aide avec la traduction.

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Does That Name Mean Anything to You?

Karen Pennesi is a professor at Western University, and she is also the Vice President of the Canadian Society for the Study of Names. She studies how individual’s names are shaped, perceived, and often judged by personal evaluation, familial values, and societal mores (her project is here, and on facebook here).

I am fascinated by peoples’ names. One of my favourite things is how we react to another’s name. My family has a long-standing tradition for when we eat out at a restaurant. One of the four of us (my mum, dad, sister and me) looks at the bill, and at the top is usually the name of the person who served us our meal. The other three then try to guess the name; we are allowed to ask questions, and one of the first questions is almost always, “does the name suit him/her?” Amazingly, at least in our family, we all seem to have roughly the same understanding of what a suitable name is for a person we met, at most, 2 hours previous. Moreover, once we guess the name, we all immediately have a strong reaction as to whether that name “fits”. How do we form these notions about who is most suitable for which name?

This is just one of the thousands of things I find so interesting about the field of onomastics. Professor Pennesi has so many interesting things to say, and many answers to questions I’ve had for years, so let’s get to the interview.

Image credit: MapsAreAmazing

[Naming conventions in Europe, North Africa, and Asia]

Michael Iannozzi : First of all, what is onomastics?
Karen Pennesi : Onomastics is the study of the history, structure, meaning and use of names. This is a broad field, which can include place names, personal names, brand names, and other types of names. My research is on personal names, sometimes called “anthroponyms”.
MI : What led you to first begin studying personal names?
KP : I think names are inherently interesting to anyone since everyone has a name, and some people have multiple names over their life span. I was looking for a research topic that would be broad enough to keep me interested and productive for the next several years, and which I could study locally (i.e. not have to travel to another country, as with my previous research in Brazil). Names are everywhere so that made it easy.
Names are a great example of where language and identity converge. People often think about names as a kind of label to identify or refer to individuals, but names are also words. They have to fit into the sound system of a language and they have a structure, which is determined by social or cultural convention. For example, someone with an Indonesian or Mohawk name may only have a single name component, not a first and last name combination like we use in Canadian English. Meanwhile, someone with a Spanish or Portuguese name may have four or five name components if they have a two-part first name and the last names of both parents [for example, Salvador Dali was from Catalonia, and his full name was Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech].
I also have had a long-standing interest in the ways people try to fit into new cultures. When I taught English in Korea, I noticed that many Koreans assumed English names in their English classes, and then continued to use them when they travelled overseas. When I taught international students in the U.S. and Canada, lots of them had English names, but many also continued to use their original names. I became interested in finding out why Koreans often take English names while Japanese or Iranians do not. Or why English-speaking foreigners in Korea do not usually take on Korean names while they are working there. For newcomers to Canada, this decision of whether to keep or change their name can be a big one. I had personal knowledge of several cases where people had difficulties with their names in Canada which led to various levels of stress, annoyance, inconvenience and even discrimination or exclusion.
In my research I want to explore this relationship between identity and names: What kinds of names are problematic in a given context? Why? What kinds of problems result from a diversity of unfamiliar or unconventional names? How do different groups of people respond to these problems? What can be done to reduce some of these problems?
MI : What have you found about the way people perceive their own names? And how does that personal perception affect their identity?
KP : People seem to have different attitudes toward their names at different points in their lives. For example, a child might not like her name if she is teased about it, but then in adulthood there is no more teasing and she comes to appreciate it more. Or someone may have an indifferent attitude toward his name until he moves to a new country and suddenly his ordinary name is unpronounceable and strange and marks him as different. Then he might grow to resent the name, or feel that it is a burden or a hindrance. Others in the same situation might feel happy to be unique. Later in life when he builds more confidence and awareness of social inequalities, he might be proud of his name as a sign of his heritage.
Some people feel that their name represents their essence so they could not conceive of changing it, whether that means keeping their last name after marriage or keeping their name after immigrating. Even if they don’t like their name or see that it is problematic, they simply can’t change their identity by changing their name. One of my graduate students is researching transgender name changes and she has found that choosing a new name to match the new gender presentation is a crucial part of the transition. Transgender people look for a name that “fits” their self-image and when they find it, there is a sense of relief and satisfaction in having their true self finally being addressed appropriately. In those cases, choosing a name is an overt act of identity construction.
MI : What can you tell me about how people perceive the names of others?
KP : There has been research showing that names perceived as “foreign” reduce the name-bearer’s chances of being hired for a job. That happens in Canada, the U.S., Europe, etc. so what is considered “foreign” will vary, but the effect is the same. A similar form of discrimination occurs with access to rental housing where certain kinds of names are interpreted as representing an undesirable race, religion, nationality or culture and the applicants are denied.
MI : And do these perceptions, or even prejudices extend to names thought of as “non-foreign”?
KP : There are findings showing that particular names come to be associated with certain characteristics or social categories. For example, people may assume that a guy named Josh is “probably good at sports and fun to hang around”, whereas a guy named Bryce is “probably a spoiled snob”. A woman named Dolores is “probably an old lady or an immigrant”, while a woman named Jennifer could be almost any age or social class. People expect Lebron to be Black and Brittny to be white. These are all just examples and of course those associations are based on a combination of stereotypes, personal experiences and social trends. The point is that people do make assumptions and judgements about other people based on subjective perceptions of names.
MI : Your research has focussed on the names of Canadian immigrants. How are the names of immigrants perceived by Canadians? Is the “foreign-ness” of a name based on a pattern or particular sounds?
KP : Familiarity is key. Italian names may have been considered foreign or difficult to pronounce for Canadians 70 years ago, but now they are more familiar and people will not hesitate in trying to say them. That’s a question that really depends on who you are asking. My research has shown that what counts as a “difficult” or “easy” name depends on personal experience (do you know many people with that type of name?), general linguistic ability (are you good at learning languages and pronouncing unfamiliar sounds?), and general attitude toward different kinds of people (if you have a negative attitude toward diversity you will likely dismiss “foreign” names as too difficult to even try).
MI : What is it that leads to certain names having certain associations for people?
KP : This has to do with race, ethnicity, class and age. Parents choose names which fit their social groups. There was a study done that showed how upper-class girls’ names come to lose their high class status as more middle class girls are given that name by upwardly aspiring parents. The same thing happens with the lower-class parents, and eventually names like Ashley and Brittany, which used to be only found among white upper-class girls are now among the most popular names for lower-class girls (in the USA). Meanwhile, there will be a new list of upper-class girl names to replace the ones that have been taken over by the lower classes, in order to maintain the distinction. The particular associations also depend on how you come to know the name, the actual individuals you meet with the name and how you perceived them. I have a friend who thought Angus was a Chinese name because the only boy she ever knew with that name was Chinese.
MI : Whenever I’m asked what my surname is to, for example, make a reservation at a restaurant I instinctively just spell it out. Is this common, and what does this reflect about society’s acceptance of uncommon proper names?
KP : I have heard of this strategy before, especially when on the phone or talking to service personnel who do not know you, and will not interact with you again. I think this comes from a desire to avoid mistakes, but also reduces the potential for embarrassment for you or the service agent. It’s a recognition that there is great diversity in names which can be difficult and that there is no expectation that any individual should know how to spell or say every name. It does reveal your own assumption that the person on the other end will have difficulty if you don’t spell it out. Some people might find that unnecessary if they consider your name “easy”.
MI : Speaking of fitting into certain social groups, how do celebrities shape perceptions of people with the same first name, and the name’s general popularity?
KP : There are statistical studies which show that popular movie or TV characters, or even politicians, prompt an increase in the number of babies with those names in the years following the famous person’s height of popularity. This can also work the other way for names that become associated with people who are famous for negative reasons (e.g. decrease in the number of boys named Adolf or Osama).
MI : How have naming conventions changed in our society, and what do those changes reflect about us?
KP : Naming conventions reflect social changes and the way the society is organized. In Canada, all babies must be given at least two names: first and last. This partly has to do with the government’s need to identify individuals for things like taxes, education, voting etc. It used to be the convention that the father’s last name was the baby’s last name unless a father was not identified. Now, with divorce and remarriage resulting in blended families, hyphenated or double last names are becoming more common. Double last names are also common in situations where married women keep their last name throughout their lives instead of changing it to match their husband’s. So the current naming practices for children reflect these social changes about the position of women in society, and how that has affected marriage and the constitution of families. It also means it is harder to make assumptions about people based on their names: a child may have a different last name from his mother, and you won’t know if that is due to his mother never having married but naming the child after the father, the mother having remarried and changed her name again, the mother never having changed her name, the child being adopted, or the child being a step-child of the mother. A teacher who knows only the child’s surname cannot assume that the mother should be correctly addressed as Mrs. or Ms. Child’s-last-name. This would not have been a problem 50 years ago in Canada when it was pretty safe to assume that children and parents all shared a common last name.
MI : Each year a list of the most common baby names for both boys and girls is released, what does this list show you about parents and about our society?
KP : It shows that people are interested in what other people name their babies. It also shows that parents end up making similar choices in similar social contexts even without being aware of it. (“I picked Olivia because I like the O sound. I didn’t know 2,000 other Canadian babies were named Olivia this year too!”)
MI : Do you find yourself reading more or less into someone’s name since you’ve begun your research?
KP : Yes, I am more acutely aware of comments people make about other people’s names, whether positive or negative. I make a point of not commenting on people’s names unless I am talking about the research. Most people I’ve talked to don’t want their name to be evaluated or commented on (“that’s different”, “how do you spell that?”, “that’s a pretty name”). They just want to tell you their name and get on with the conversation. If you make a joke or a comment, chances are they’ve heard it all before and that can be tiresome. I do my best to pronounce and spell people’s names the way they prefer, but I don’t make a big deal about it, and I won’t call too much attention to it.
MI : What would you like to do next with your research on onomastics?
KP : I am still interested in the social usage of names, and the constraints on naming particular groups face, such as immigrants and First Nations people whose naming practices and writing systems do not conform to institutional requirements. I want to explore those issues from both sides to see how institutions deal with the challenges of name diversity in Canada as well as how individuals “live their names” in different ways, and with different consequences.

[Most common surnames in European counties]

A sincere thank you to Professor Karen Pennesi.

I think names are often taken for granted. We often see them as simply designating a person, the way the word ‘basil’ designates the delicious herb I happen to be very fond of. As Professor Pennesi points out, a person’s name can shape their experiences in life, both in how they see themselves and how others engage with them.

[Also, if this subject interests you, you should definitely check out the website of the Canadian Society for the Study of Names, who have a conference coming up!]

Take care eh,

Michael Iannozzi